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Voyage aérien des personnes âgées

Comme seul critère, le grand âge n’est pas une contre-indication aux voyages aériens. Il requiert quelques précautions.

Accélération et décélération

Le décollage et l’atterrissage sont très peu traumatisants. Mais les accélérations verticales, pendant le vol, liées aux turbulences, sont totalement imprévisibles et représentent un risque de chute non négligeable.

Climatisation

Trop agressive, elle peut être responsable d’une sécheresse ambiante et d’un refroidissement nocturne conséquent. Il faut penser à boire abondamment (2litres d’eau pour un voyage Paris-Saint-Denis de la Réunion), surtout en cas d’antécédents lithiasiques.

Immobilisation prolongée

Les voyages de longues distances peuvent entraîner une immobilisation prolongée dans une position souvent inconfortable compte tenu de l’exiguïté. Une compression des veines poplitées et fémorales (pression de la face postérieure de jambe sur un siège), une déshydratation, un mauvais état veineux et une réaction exsudative capillaire qui apparaît pour une altitude de 2 000 m peuvent se manifester par des douleurs et des œdèmes des membres inférieurs, voire se compliquer de phlébites des membres inférieurs.

Pendant le voyage, malgré les injonctions des hôtesses, il est nécessaire de se lever et de marcher régulièrement pour “se dégourdir les jambes”, de bien s’hydrater, de porter une contention légère à moyenne en cas de varices ou d’œdèmes vespéraux et de ne pas porter de ceintures ou de gaines trop serrées. Des chaussures confortables et larges évitent de rester nu-pieds à la descente des appareils.

Ces conditions et recommandations ne sont pas exclusives aux voyages aériens. Le “ syndrome des classes économiques” existe aussi pour les transports en voiture, en bus et en train.

Bruit

Pendant les escales, les essais de réacteurs peuvent être nocifs chez les sujets porteurs de prothèses auditives. Débrancher momentanément l’appareil permet d’éviter l’inconfort d’un niveau sonore trop amplifié.

Mal des transports

Surtout vrai en bateau, plus rarement en voiture, beaucoup moins fréquent dans les jets modernes, exceptionnel en train, ce mal est majoré par la vacuité ou la plénitude de l’estomac et aggravé par l’alcool, le tabac et la fatigue. Chez les sujets prédisposés, des antinaupathiques peuvent être proposés, mais à petites doses. Parmi les spécialités les plus prescrites, la scopolamine (Scopoderm) est un parasympatholytique de type atropinique (risques prostatique, glaucomateux et confusionnel), et la diphenhidramine (Nautamine) est un antihistaminique (risque de somnolence). Au moins rassurante et en tout cas sans effet secondaire, la Cocculine est proposée par les homéopathes (une dose la veille au soir, une autre le jour du départ et une dernière en cas d’apparition des symptômes).

Pacemaker

En vol, les pacemakers fonctionnent normalement, n’interfèrent pas avec les équipements électroniques de l’appareil et réciproquement.

Au sol, les appareils de détection des aéroports sont sans danger. Toutefois, mal calibrés, ils pourraient déprogrammer un pacemaker (passage en mode VVI). Dans le doute, les cardiologues conseillent à leur patient d’éviter les portiques de détection électromagnétiques.

Médicaments

Pour des voyages de longue durée, il faut penser à respecter des précautions de conservation de certains médicaments.

Par exemple, les compagnies aériennes acceptent volontiers de conserver l’insuline dans les réfrigérateurs de bord.

En avion, les flacons pressurisés (aérosol de bronchodilatateurs ou spray de dérivés nitrés) ne présentent aucun danger, qu’ils voyagent en bagages à mains où même dans les soutes.

Accès aux toilettes

Ce qui peut paraître un détail ne l’est plus en cas d’incontinence ou de pollakiurie.

L’accès et (ou) les cabines des toilettes ne peuvent permettre l’abord d’un fauteuil roulant. Une protection préventive et discrète évitera un inconfort très désagréable, et quelquefois une aide par une tierce personne sera nécessaire.