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Mal des transports

Le mal des transports : c’est quoi ?

Le mal des transports (cinétose) survient lorsque les conditions imposées par le mouvement dépassent les capacités d’adaptation. Ainsi, sa survenue dépend de la susceptibilité des malades, qui est connue, mais aussi des stimulations externes. Notons que des marins pêcheurs indemnes du mal de mer durant leur carrière peuvent découvrir cette maladie lors d’une croisière de retraités effectuée en paquebot, de même que certains astronautes ont découvert cette pathologie lors de leur premier voyage en navette spatiale. La susceptibilité doit donc être appréciée en fonction des divers moyens de transport utilisés.
Les petits moyens ne doivent pas être négligés. En général, les sujets très réceptifs au mal des transports évitent définitivement plusieurs moyens de transport à un point tel que leur vie sociale en est perturbée. Les patients modérément gênés ont peu de restrictions mais prennent de façon systématique des médicaments avant tout voyage. Mais il faut parfois essayer plusieurs antinaupathiques de classes différentes avant d’en trouver un qui soit efficace. L’efficacité, mais aussi les effets secondaires, varient en fait considérablement en fonction des individus. Des conseils de prévention peuvent être très utiles. Il est important de noter que lors d’une stimulation prolongée, l’adaptation survient souvent après une phase de cinétose initiale qui est généralement limitée à 3 jours dans le cas du mal de mer ou du mal de l’espace. Une cinétose souvent moins sévère peut s’observer lors du retour en condition normale. La possibilité d’adaptation (entraînement) est utilisée afin d’améliorer la tolérance des patients dans des domaines bien précis mais est peu transférable.

Traitements médicamenteux du mal des transports

Il faut insister sur l’efficacité de ces traitements dans la prévention alors qu’ils n’ont que peu d’effets lorsque la cinétose est apparue.

Scopolamine

L’antinaupathique efficace le plus anciennement connu est l’atropine mais ses effets secondaires et contre-indications en limitent l’usage. On en trouvait encore il y a peu dans une association d’homatropine + scopolamine + pyridoxine (Vagantyl) qui n’est plus commercialisée.
C’est en fait la scopolamine qui est prescrite, soit sous forme isolée, soit en association (notamment avec la caféine).

Antihistaminiques H1

Le rôle de ces médicaments a été mis en évidence de façon anecdotique grâce à l’observation d’une patiente guérie du mal de l’air et qui suivait ce traitement pour une maladie intercurrente. De nombreuses spécialités ont été commercialisées (comme la cyclizine qui a été retirée du marché), le dimenhydrinate (Dramamine, Nausicalm), la diphenhydramine (Nautamine)… Il existe des associations de dimenhydrinate et de caféine dans le cas du Mercalm. Ces médicaments ont en effet l’inconvénient d’induire une somnolence quelquefois invalidante. Ils ont par ailleurs l’inconvénient, comme la scopolamine, d’induire des effets anticholinergiques.

Antagonistes dopaminergiques

On y classe les dérivés des phénothiazines représentés essentiellement par la métopimazine (Vogalène) dont la forme lyoc est astucieuse mais a plus d’effet antiémétique qu’antinaupathique. Ils sont surtout représentés par le métoclopramide (Anausin, Primpéran, Prokinyl LP) qui a été essayé dans la prévention des cinétoses en raison de son pouvoir antiémétique puissant. Il s’avère cependant peu efficace, voire dénué d’effets sauf peut-être en injection intraveineuse, ce qui en limite l’usage. Il en est de même de la dompéridone (Motilium, Péridys). Il apparaît donc que les antinaupathiques sont généralement de bons antiémétiques mais que la réciproque est moins vraie.